Mise à jour: 13/05/2008


Vietnam : trois militants pro-démocratie, dont un Américain, en justice

 

Le Monde / AFP

 

AFP 13.05.08 | 08h44

Le procès de trois militants pro-démocratie accusés de terrorisme, dont un Américain, s’est ouvert mardi à Ho Chi Minh-Ville, l’ex-Saïgon dans le sud du Vietnam, a constaté l’AFP.

Sur le banc des accusés se trouvaient mardi l’Américain Nguyen Quoc Quan, 55 ans, le Vietnamien Nguyen The Vu, 31 ans, et Nguyen Hai, 57 ans. Ce dernier, d’origine vietnamienne mais qui vit en Thaïlande depuis des années, était aussi présenté dans la presse sous le nom thaïlandais de Somsak Khunmi.

Selon la Cour, ils sont accusés d’avoir "incité à des émeutes en menaçant la sécurité nationale de la République socialiste du Vietnam".

Autour et à l’intérieur de la Cour, où les médias étrangers ont été autorisés à suivre le procès sur un écran télévisé dans une salle à part, une centaine de policiers avaient été déployés.

Les trois hommes avaient été arrêtés dans le pays communiste en novembre en même temps que trois autres militants — une journaliste française, un autre Américain et un autre Vietnamien — qui avaient en revanche été relâchés l’an dernier.

Selon le quotidien de la police, Cong An Nhan Dan, les forces de l’ordre les avaient appréhendés pour les empêcher de mener à bien "un plan terroriste destiné à créer un désordre sécuritaire et s’opposer à l’Etat vietnamien".

Le jour de leur arrestation, la police avait saisi "près de 7.000 tracts réactionnaires, plus de 8.000 enveloppes, 3.775 timbres", avait poursuivi le journal dans son édition de lundi.

Mardi devant la cour, Nguyen Quoc Quan et Nguyen Hai ont reconnu être membres du parti Viet Tan, une organisation interdite et qualifiée de terroriste par le pays communiste. Nguyen The Vu a indiqué les avoir simplement aidé à préparer les tracts.

Avant le procès, le Viet Tan avait reconnu que les accusés "se préparaient à distribuer des tracts", mais des tracts de "promotion de la démocratie" et "par des moyens non violents".

"Je ne commets pas d’infractions terroristes", a renchéri mardi Nguyen Quoc Quan. "Le contenu des tracts explique les manières de démocratiser le Vietnam d’une façon pacifiste, recommande des changements en faveur du multipartisme".

"J’aime et j’ai confiance en la démocratie", a encore poursuivi l’Américain, dont les réponses ont été régulièrement interrompues par la Cour qui n’a aussi cessé d’associer le terme "terroriste" au Viet Tan.

L’organisation, basée aux Etats-Unis, affirme ne pas chercher la lutte armée, mais au contraire vouloir faire avancer pacifiquement la démocratie au Vietnam.

Le Viet Tan, dont le président avait été reçu par le président américain George W. Bush l’an dernier, a établi un réseau à l’extérieur du pays communiste et n’hésite pas y à envoyer des membres alimenter des mouvements de dissidence.

Une bonne partie des dirigeants du Viet Tan étaient enfants ou adolescents à la fin de la guerre du Vietnam en 1975, quand les communistes ont pris le pouvoir dans le pays.

Son président, Do Hoang Diem, a lui-même fait partie des centaines de milliers de boat people qui ont fui le régime de Hanoï après l’issue du conflit.

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